Être ou ne pas être Troll

À votre avis, au moment où mes yeux se sont posés sur la couverture de Entre Troll et Ogre, de Marie-Catherine Daniel, est-ce que vous pensez vraiment que j’ai pu rester de marbre ? Question rhétorique, bien sûr que non. Le titre m’a immédiatement appelée, l’illustration est magnifique, et le résumé m’a fait saliver – super classe, dans les rayons de la librairie… Et je n’ai pas pu arrêter d’y penser jusqu’à ce qu’il vienne enfin en caisse avec moi. Mon précieux.

entretrolletogre.jpgEntre Troll et Ogre, c’est l’histoire d’Arsouille, un troll à la vieillesse acharnée. Venant troubler son quotidien pénible dans un univers rude et violent, une lettre lui parvient, envoyée par son frère jumeau ; un frère dont il n’a plus de nouvelles depuis des décennies, et un frère qui n’écrit pas de lettres. Un frère ogre.

Dès ce court résumé, on comprend que ce roman est particulièrement atypique. Trolls et ogres placent le récit dans un univers fantasy, dans lequel on a plus l’habitude de voir des histoires épiques, des héros grandioses et déchus, des combats dantesques… Pourtant, rien de tout ça ici, on est plutôt dans les quartiers pauvres d’une cité post-apocalyptique – où les trolls auraient remplacé les humains. Il ne s’agit donc pas d’un récit d’action, mais plutôt, s’il devait être défini, d’un récit de personnages. Voire un récit de réflexion. Car au travers du voyage d’Arsouille, l’autrice pose beaucoup de questions : sur la vieillesse, la politique, l’éducation, la guerre, la société… et la nature humaine. Cette question de la nature – Qu’est-ce qui fait qu’on est troll ou ogre ? Pourquoi devient-on l’un ou l’autre ? Est-ce notre nature qui nous définit, ou est-ce ce que nous sommes qui détermine notre nature ? – sont au centre du récit ; et c’est bigrement rafraîchissant de lire des trolls qui ne soient pas bêtes et méchants. L’autrice prend le contre-pied de ces créatures monstrueuses pour proposer un récit profond, à des années lumières de leurs représentations classiques.

Conséquence d’un récit peu porté sur l’action, le style est plutôt lent, ce qui ne m’a pas posé problème : je m’y attendais un peu, et je devais être dans un bon état d’esprit au moment de ma lecture. On trouve aussi une certaine violence et une vulgarité à certains moments, reflets de l’univers impitoyable dans lequel évolue Arsouille – et au milieu de tout ça, les enfants trolls, que l’on nomme trollinous… non, je me remets toujours pas de tant de mignonitude.

Si je devais mentionner un point négatif, je dirais que j’ai trouvé parfois les distinctions trolls/ogres un peu catégoriques, je leurs aurais volontiers ajouté un peu de nuance. Durant tout le début du roman, j’ai eu du mal à me faire à l’idée que « les trolls sont comme ci, les ogres sont comme ça, un point c’est tout« . Cependant, ce sentiment s’estompe alors qu’avance l’intrigue, alors que se développe la question centrale du roman.

Si tu avais envie de lire Entre Troll et Ogre, de Marie-Catherine, te voilà donc prévenu.e de ce que tu peux y trouver. Te voilà aussi prévenu.e que c’est un roman super, qu’il vaut le coup, et que si tu décides de le lire reviens me dire ce que tu en as pensé !

~ Gytha

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